banniere_airservice_mini.jpg

Production aéronautique pendant la seconde guerre mondiale


Ligne d'assemblage
de Republic P47 pendant la guerre (© Republic aviation)

Quelques chiffres pour la production d'aéronefs en 1939-1945 :

Pays
Production
Remarques
Royaume-Uni
131 549
200 (dont des Spitfire et des chasseurs de nuit) pour les USA et 3400 à l'URSS. Pour les alliés comme la France Libre, etc. Les avions et personnels français restèrent généralement intégrés à la RAF ou la FAA jusqu'à la fin du conflit.
Canada
16 431
 
USA
324 550
Dont la livraison de 33 000 avions au Commonwealth (la GB en réexpédia 1 000 aux Soviétiques (dont les 700 P39 qu'elle ne voulait pas). (Plus ceux à l'URSS voir ci dessous). Au total rien que pour 1944 : 100 752 avions produits. Pour la seule USAAF, il y avait 79 908 appareils en service en juillet 1944.
URSS
157 261
Plus les 14 203 effectivement livrés à l’URSS par les USA (+771 perdus en route) entre le 22/6/1941 et le 20/9/1945 (dont 4746 Bell P39 et 2400 P63).
Italie (avant 9/1943)
11 508
Ce nombre de juin 1940 à septembre 1943. Au total 18 000 entre en 1935 et 1945. 203 avions de la Regia Aeronotica passèrent aux alliés en septembre 1943 et à l'inverse environ 4 000 avions furent saisis par les allemands. Une Aeronautica Nazionale Republicana se forma pour la république de Salo au nord et le premier contingent fut de 200 pilotes qui volèrent sur Bf109.
Japon
79 123
Entre 1939 et 1945 (dont 69 888 entre 1941 et 1945)
Allemagne
119 331
(Grand minimum) + 29 809 avant guerre (dont à l'export), outre le solde de 3 000 avions italiens utilisés fin 1943 et, au total, 3606 avions français livrés ou capturés. Pour info 208 999 pour les 3 principaux pays de l'Axe en 1939-1945.


70 ans plus tard, un Republic P47D survivant lors du meeting de la Ferté Alais en 2013
.

En 6 ans, entre septembre 1939 et septembre 1945, si on compte aussi les avions français, roumains, polonais, neerlandais, etc., la production d'aéronefs a été d'au moins 850 000 aéronefs pendant la guerre ! Pendant la première guerre mondiale, pour comparaison, 219 799 avions furent produits par les 7 principaux belligérants de l'époque dont par la France (qui détenait alors le record avec 52 000 aéronefs construits).

Les chiffres concerant la Seconde guerre mondiale sont virtigineux comme les plus de 79 millions de morts qu'indiquent certaines sources (avec les civils chinois ou russes) ou encore le fait, qu'en 1944, les armées américaines et soviétique avaient chacunes un effectif de 12,5 millions d'hommes mais la guerre aérienne fut un enjeu majeur de la seconde guerre mondiale.

Certes, il ne s'agit que de "machines volantes" dont un certain nombre survécurent à la guerre, parfois dans des taches pacifiques comme des avions de transports Douglas C47/DC3 ou encore des Piper Cub mais cela donne la dimension industrielle du conflit. La production fut immence et le record pour un même type d'appareil est détenu par le lyushin IL-2 Sturmovik fabriqué à 36 183 exemplaires. Les coûts furent considérables comme celui des 3970 Bombardiers Boeing B29 revenant chacun à 605 360 dollars en 1944-45 soit 8 millions de dollars de 2014.


Livraison de Bell P63 King Cobra à l'URSS par les Etats-Unis
(Public Domain USA)

La guerre aérienne fut tout aussi dure que celle au sol et parfois même statistiquementt "pire" pour les équipages si on pense, par exemple, aux 45,5% des membres du Bomber Command de la RAF qui sont morts en service pendant le conflit. En 1943 la chance de survie à un tour d'opération de 30 missions était bien faible dans le Bomber Command.

Pour la seule Army Air Force, il y eu 2,3 millions de sorties de combat durant la guerre. Quant à la formation, si celle des pilotes américains était bonne avec 450 heures de vols début 1944 pour un jeune pilote de chasse arrivant en première ligne celle des japonais à la fin de la guerre plus que symbolique.


Ci dessus, en septembre 1943, le célèbre Major "Pappy" Boyington (au centre) avec ses hommes de l'escadron VMF-2014 « Black Sheeps » à Espiritu Santo dans les Nouvelles-Hébrides. ( US Military - Public Domain)

Le Lend-Lease américain (ou "prêt-bail" en français) fut clairement un des moteurs de la guerre avec 50,1 milliards de dollars de prêts (à 60% à la Grande Bretagne, 22% à l'URSS et 6,42% à la France) soit 657 milliards de dollars de 2014 (ce qui n'est finalement pas tant que ça si on pense au programme du chasseur F35 dont le programme en est à... 1100 milliards de dollars).

Ci dessous, ce film de propagande des actualités américaines Army-navy Screen Magazine de 1945 de ma collection en 16mm (dans le cadre de l'Atelier du 7ème Art - cinematographe.org ), permet de s'en souvenir.

Il n'est cependant pas dit dans le film (puisque la guerre n'était pas encore achevée) qu'à la "fin des hostilités", à la date choisie du 21 août 1945, il faudrait payer tout ce qui pouvait encore voler quitte, par exemple, à faire passer par dessus bord des porte-avions britanniques des avions neufs pour ne pas payer la facture. Pour les soviétiques se faire oublier ou, pour les français, trainer le plus possible face aux besoins d'avions neufs jusqu'à ce que la guerre froide ne fasse oublier ces dettes de guerre pour les transformer en "cadeaux".


Da
ns l'immédiat après seconde guerre modiale usine de fabricationd d'hélices (collection A7art.fr film 16mm Shell)

Ci dessous, garce à un hyperlien vers l'Imperial War Museum (qui effectue là une vraie mission de service public...), une très belle image couleur d'une chaine d'assemblage de Mosquito en 1943. Il s'agit d'un superbe avion en construction en bois à la croisée entre artisanat et industrie. Il exista dans de nombreuses versions du bombardier rapide au chasseur de nuit en passant par la lutte anti-navires. Rapide et léger, il était très difficile à rattraper par la chasse allemande.

BUILDING MOSQUITO AIRCRAFT AT THE DE HAVILLAND FACTORY IN HATFIELD, 1943
BUILDING MOSQUITO AIRCRAFT AT THE DE HAVILLAND FACTORY IN HATFIELD, 1943 © IWM (TR 1426)

A lire sur ces pages un focus sur la production et l'organisation de la Luftwaffe entre 1943-1945. L'innovation à tout prix fut en effet la tentative de compenser la supériorité numérique des alliée. La folie et la mégalomanie des dirigenants nazis rentra en "résonnace" avec de désir d'innover à tout prix des ingénieurs allemands quitte à lancer des programmes en 1000 jours comme celui du He 162. Les programmes n'étaient pas toujours murs mais de nouvelles pistes (dont les missiles) furent testés de façons opérationnelles. Avec la défaite allemande, en se mariant avec les recherches américaines, russes ou britanniques ces "progrès" ont amenés l'Homme au delà des limites du son puis de l'espace.


Ci dessus, la production inachevée de Heinkel He 162 Volksjäger / Salamander dans la mine de sel de Tarthum en mai 1945.

La Libération de la France fut également l'occasion de profiter, comme les autres, des connaissances acquisent par les ingénieurs allemands qui aidèrent, par exemple, au développement de l'hélicoptère. La remise en production de lignes d'assemblages ou de réparations comme, ci dessous, en Bourgogne pour des Fw190 fut également une solution pragmatique pour redémarrer la production française.


Restes "aéro-archéologiques" du site industriel aéronautique de Cravant entre 1939 et 1945. Construit au départ par les français, il fut développé par les allemands comme site de réparations des Fw190 avant une tentantive tardive de retourner la production contre la Luftwaffe. L'association Aviatroglo (voir la rubrique liens) essaye aujourd'hui de valoriser ce site assez impressionnant par son volume.